Interviews des nominés

Cyril Carrère : nominé 2024

Bonjour Cyril, merci d’accepter de répondre à cette petite interview. Je n’aime pas les questions classiques qu’on pose à tous les auteurs 50 fois après chaque nouvelle sortie d’un nouveau roman. Alors je vais essayer de faire découvrir qui tu es aux lecteurs avec d’autres questions, que j’espère plus originales.
Bonjour Marc et merci pour cette petite interview. Je suis prêt !

Je t’invite à un dîner chez moi, il y a trois places encore à table, quels personnes célèbres, mortes ou vivantes voudrais-tu que j’invite, et pourquoi ?
Martin Luther King, pour m’inspirer la vision qu’il a eue à son époque et discuter des enjeux d’aujourd’hui.
Rosa Parks, pour les mêmes raisons.
Maxime Chattam, parce que c’est l’auteur qui m’a fait aimer le polar et qui me donne aujourd’hui l’envie de devenir meilleur à chaque nouveau roman.
Je me rends compte en répondant à cette question que j’écrirais bien un polar ou un thriller sur fond de ségrégation. Un jour, peut-être?

Quel est le (ou les) livre(s) que tu aurais aimé écrire ?
Il y en a tellement… Mais cette fois je dirais Replay de Ken Grimwood, dont la singularité et la construction frisent le génie (grand maniaque de la construction, je me suis régalé). Il fait partie de ces livres où on se dit « il a eu l’idée avant ! »

On te propose d’écrire à quatre mains, avec qui voudrais tu travailler ?
J’aimerais bosser avec un auteur étranger. Pour le challenge, l’ouverture à plusieurs cultures. Je citerais bien S.A. Cosby, s’il est d’accord ! Sinon, Keigo Higashino (j’ai le droit de rêver). De quoi créer quelque chose d’unique !

Tu mets quoi dans ta valise pour un séjour d’un mois sur une île déserte où il n’y a pas de réseau/wifi et autre connexion ?
Des photos de ma famille, de mes proches. Des livres, de quoi écrire, et plein de bouffe (ceux qui me connaissent savent !). Ce n’est que pour un mois, donc c’est suffisant (tu le vois, l’esprit rationnel ?).

Qu’est ce qui te fait le plus peur ?
L’oubli. Être oublié, ou à l’inverse, ne plus se souvenir de rien et perdre les émotions associées à ceux que l’on aime ou à ce que l’on a accompli, c’est terrifiant. Je m’interroge souvent sur le devenir de la conscience, d’ailleurs (c’est pas très gai, tout ça…).

Je vais me faire gronder si je ne pose pas au moins une question « classique ». Quels sont tes sources d’inspiration principales, pour l’élaboration de tes romans ?
Tout ce qui est générateur d’émotions. C’est vraiment ma ligne directrice. La vie de tous les jours, les anecdotes, les faits divers, ce que je vois, ce que j’entends, ce que j’apprends au quotidien, notamment au Japon, où la culture et la société sont différentes. Pour un fait donné, le cheminement intellectuel, les réactions, les décisions peuvent être opposées à ce à quoi on s’attend, en tant qu’Occidental. Creuser ces différences, essayer d’en comprendre l’origine, les intégrer dans mes intrigues est stimulant et fascinant. L’assurance de toujours apprendre et de transférer ce savoir !

Merci beaucoup à toi d’avoir joué le jeu de ces questions, et de tes réponses.
Avec plaisir, Marc, merci à toi !

Par Marc Schaub


Angelina Delcroix : nominée 2024

Bonjour Angelina, merci d’accepter de répondre à cette petite interview. Je n’aime pas les questions classiques qu’on pose à tous les auteurs 50 fois après chaque nouvelle sortie d’un nouveau roman. Alors je vais essayer de faire découvrir qui tu es aux lecteurs avec d’autres questions, que j’espère plus originales.
Je t’invite à un dîner chez moi, il y a trois places encore à table, quels personnes célèbres, mortes ou vivantes voudrais-tu que j’invite, et pourquoi ?
Sigmund Freud pour qu’il m’aide à pousser les portes de certains inconscients.
Truman Capote pour échanger autour de son travail formidable concernant son livre De sang froid.
Eva Green pour lui soumettre l’idée d’incarner Joy Morel à l’écran.

Quel est le (ou les) livre(s) que tu aurais aimé écrire ?
La bête humaine d’Emile Zola. Déjà, à cette époque, il décrivait parfaitement les conflits intérieurs et inconscients de la psychologie criminelle.

On te propose d’écrire à quatre mains, avec qui voudrais tu travailler ?
Je suis bien trop solitaire pour écrire à quatre mains…

Tu mets quoi dans ta valise pour un séjour d’un mois sur une île déserte où il n’y a pas de réseau/wifi et autre connexion ?
Des thrillers, des livres d’Irvin Yalom, un carnet…non, plein de carnets, des crayons, ma guitare et des bières ! Et des allumettes ! Et mon oreiller ! Je pars quand ?

Qu’est ce qui te fait le plus peur ?
L’enfermement. Qu’on me prive de liberté, qu’on m’arrache les ailes, qu’on m’empêche d’être.

Je vais me faire gronder si je ne pose pas au moins une question « classique ». Quels sont tes sources d’inspiration principales, pour l’élaboration de tes romans ?
Le monde qui nous entoure, tout simplement. Pour Mémoires d’un expert psychiatre, ce sont des faits divers associés aux récits de certains experts psychiatres qui ont fait naître l’idée de l’intrigue.

Merci beaucoup à toi d’avoir joué le jeu de ces questions, et de tes réponses.
Merci pour ces questions, Marc !

Par Marc Schaub


Jack Jakoli : nominé 2024

Petite présentation pour nos lecteurs : qui êtes-vous ?
Jack Jakoli (un pseudo), j’ai 44 ans depuis peu. Je suis l’auteur actuellement de deux romans, trois nouvelles et deux livres dont vous êtes le héros pour la jeunesse. Mais la grande majorité de mon temps est consacrée à mon boulot. Je suis enquêteur aux homicides de la police judiciaire fédérale de Mons depuis 5 ans et j’étais à l’anti-banditisme et anti-terrorisme de Bruxelles avant ça.

Comment en êtes-vous venu à l’écriture ?
Grâce à ou à cause (c’est selon) d’une jambe brisée. J’étais encore à l’anti-banditisme de Bruxelles et je suis passé de journées commençant à 5 heures du matin jusqu’à 18 heures dans les meilleurs cas à… rien du tout. Alors, après avoir terminé ma pal et fait le tour des films et séries à ma disposition, je me suis mis à écrire. En fait, j’ai toujours écrit mais jamais sérieusement et jamais des pages entières. J’avais des choses à dire, des choses à expliquer et 10 pages sont devenues 100 et cela m’a plu.

Vous souvenez-vous encore de vos premiers textes ? Que sont-ils devenus ?
Un véritable texte, mon tout premier date de l’école. Je devais avoir 13 ou 14 ans et il y a eu un concours à l’école. On devait pondre une histoire policière en 5 pages avec des éléments obligatoires du style un bouton de chemise, un timbre, une pince. Des mots qui devaient se retrouver dans le texte sous peine de refus. J’ai terminé 3e et j’ai gagné un stylo de bronze que l’école a gardé pour moi…. J’ai encore la nouvelle, elle s’appelle Meurtre à l’hôpital. En fait, je balançais déjà l’intrigue dans le titre…

Comment écrivez-vous ? Est-ce une profession pour vous ? Quelles sont vos autres passions ?
Malheureusement, je n’écris que lorsque j’ai le temps. Ce n’est pas mon métier principal et ce dernier est extrêmement chronophage. Nous dépendons de l’évènement et, même si un suspect est arrêté, ce n’est pas pour cela que le dossier est terminé, bien au contraire. Il ne s’agit que d’une première étape sur une multitude qui durera au minimum deux ans, jusqu’à la Cour d’Assises que nous devons aussi présenter. Alors oui, si un jour, un éditeur me dit : Jack, voici de quoi rester chez toi et vas-y, fais-nous un roman chaque année, alors j’y réfléchirai très sérieusement.

Hormis l’écriture, j’ai de nombreuses passions, je suis un touche-à-tout mais je vais en citer quelques-unes : les JdR, les jeux de société ou le fameux hobby comme les maquettes, peintures et jeux Warhammer, Star Wars Legion, etc. Le cinéma et les séries bien sûr (dont j’apprends petit à petit les rouages 😉) et la nature pour en profiter tant qu’elle existe !

Pourquoi l’écriture ? Quel est, selon vous, le rôle de l’auteur dans notre société ?
J’aime l’art en général et s’il y a bien une chose que l’être humain fait bien, c’est ça. C’est pour ça que j’en parle souvent dans mes écrits. Je parle musique, peinture, design. Ceci dit, l’écriture fait partie de mon quotidien depuis de nombreuses années, spécialement avec ma profession. Pas un jour ne passe sans que je cogne les touches d’un clavier. C’est donc très instinctivement que j’ai choisi cet art et ce moyen de communication. Il y a l’écriture « pratique », « contrainte » et il y a celle qui éteint le bruit du monde. Cela m’arrive souvent quand je suis en plein manuscrit, une bulle se forme et j’ai parfois l’impression d’être quelqu’un d’autre (Parfois je me fais peur mais je garde ça pour moi). Il faut dire aussi que je chante comme une casserole rouillée et que je dessine de manière que je considère très… approximative.

Quant au rôle de l’écrivain, il y a plusieurs. Le plus important pour moi est de divertir le lecteur, le sortir de sa routine, lui faire vivre une autre vie que la sienne. Les romans sont faits principalement pour cela. Mais il est évident qu’être un écrivain, c’est aussi mettre en avant, de manière consciente ou non, le monde qui nous entoure. Je pense que chaque romancier le fait à sa façon. Il y a toujours une morale entre les lignes.

Quel est votre auteur de thrillers préféré ?
Vous voulez que je me dispute avec mes amis auteurs ? Pour mettre tout le monde d’accord, je dirais Stephen King. Un type qui n’en a plus rien à faire de ce qu’on pense de lui, du prochain qu’il va sortir, du pan de la société qu’il va critiquer. Alors oui, ce n’est pas toujours des thrillers mais bon… Tout le monde a bien un King préféré dans sa bibliothèque.

Quel est votre roman « thrilleresque » préféré ?
La série Hannibal Lecter. Quoi ? Il a dit Stephen King plus haut ! Oui mais bon, Dragon Rouge, j’ai trouvé ça excellent !

Quel livre d’un autre auteur auriez-vous désiré avoir écrit, soit parce que vous êtes jaloux de ne pas avoir eu l’idée le premier, soit parce que vous auriez traité l’idée d’une autre manière ?
Oh il y a tant mais ce n’est pas de la jalousie. Je pense que tous les sujets ont déjà été traités d’une manière ou d’une autre et il ne faut pas avoir peur d’écrire ce que l’on a envie uniquement parce que quelqu’un l’a déjà fait. Pour répondre, Le seigneur des anneaux. Quel coup de pied aux fesses dans le monde de la Fantasy. Il a imposé un univers, un code que nous reprenons tous. Comme je le fais dans mes livres jeunesse.

Quel est votre principal trait de caractère ?
Disons que je prends la vie comme elle vient et je fais avec. Je m’adapte.

Quel est le don que vous regrettez de ne pas avoir ?
Le dessin. J’arrive à plus ou moins imiter certaines choses mais d’une feuille blanche, me lancer dans une fresque… J’adorerais créer des BD mais je suis nul en dessin. (Avis aux amateurs d’ailleurs)

Quel est votre rêve de bonheur ?
La paix dans le monde ! Je plaisante, l’être humain n’est pas fait pour ça.

Je ne souhaite pas obtenir le bonheur. Je pense que si on atteint ce niveau, c’est que plus rien ne pourra nous émouvoir, nous énerver, nous faire lever le matin. Quel ennui…

Qui sont vos héros dans la vie réelle ?
Les enfants. Ils ne savent peut-être pas encore mais ils vont devoir se débrouiller dans le monde qu’on va leur laisser et c’est pas terrible. Tant de choses à changer, tant de choses si simples à faire mais l’égoïsme de notre existence précaire les condamne à une condition de vie qu’heureusement, nous ne connaîtrons pas. (C’est le verre à moitié plein en plus, bonne journée)

La détresse des roses raconte de façon romancée l’affaire du dépeceur de Mons. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
C’est une affaire qui a marqué ma région, Mons. J’avais 16 ans quand cela a éclaté et à l’époque, après les cours, je devais rejoindre ma mère à son travail et il y avait toujours cette crainte de ne pas l’y trouver (pas de téléphone portable à l’époque).

Qui plus est, le dossier est presque prescrit et j’avais envie, peut-être, de redonner un coup de pied dans la fourmilière.

Ces crimes restent encore actuellement non élucidés. Est-ce que cela a engendré ou engendre chez vous une frustration ?
Étant depuis 5 ans aux homicides, oui, c’est quelque chose qui me frustre. La première chose qui nous motive lors d’un fait, c’est de pouvoir apporter un maximum de réponses aux familles et dans cette affaire, des familles attendent toujours. C’est ce que j’appelle une détresse justement. D’où le titre.

Est-ce difficile de faire la part entre votre métier (dans la police) et le fait d’écrire des thrillers ?
Difficile sur un point, c’est que parfois, après une journée ou une semaine difficile, je n’ai pas forcément envie de me replonger dans l’écriture d’une histoire similaire. Je fais un boulot à la fois exigeant et passionnant sur certains aspects mais comme tout un chacun, j’ai parfois besoin de prendre l’air.

Un petit mot pour vos lecteurs ?
Je dirais qu’ils ont déjà fait le plus gros du boulot parce qu’ils lisent. Je ne parle pas de moi mais de manière générale. Quant à ceux qui me lisent et me suivent, je vous remercie infiniment. J’espère être toujours au rendez-vous pour vous faire voyager dans mon univers, dans la noirceur ou dans l’imaginaire, loin de votre quotidien.

Et hâte de vous rencontrer encore et encore !

Pour finir, une question classique : vos projets ?
J’en ai plein ! Des envies, des choses qui se concrétisent et d’autres qui patientent. Certaines dont je ne parlerai pas. Juste un indice, j’adore la carrière d’Henri Lœvenbruck qui n’a pas hésité à sortir des sentiers battus…

Alors, je peux vous parler du projet de plusieurs polars et thrillers. Un nouvel opus des aventures de la famille Cooper sortira en jeunesse en juin et j’apprends notamment beaucoup avec un ami auteur et je pense que si cela se concrétise, ça va faire du bruit 😉.

Merci !

La détresse des roses

1996. Ostrevent, nord de la France. Un bassin humain est repêché. Sans possibilité d’identification, la recherche de l’identité de la femme est compliquée. Montiry. Belgique. Quelques mois plus tard, c’est un buste qui est retrouvé dans la Belle-de-Jour. Chose bizarre : les mamelons ont été arrachés. La BSR est sur le pied de guerre. Mélanie, nouvelle dans ce groupe, fera tout pour retrouver celui qu’on surnomme le Boucher…

𝓐𝓾 𝓶𝓲𝓵𝓲𝓮𝓾 𝓭𝓮 𝓵𝓪 𝓹𝓲è𝓬𝓮, 𝓵𝓪 𝓫𝓻𝓾𝓷𝓮 𝓻𝓮𝓷𝓬𝓸𝓷𝓽𝓻é𝓮 𝓪𝓾 𝓠𝓾𝓪𝓲 𝓩é𝓻𝓸 é𝓽𝓪𝓲𝓽 𝓬𝓸𝓷𝓯𝓸𝓻𝓽𝓪𝓫𝓵𝓮𝓶𝓮𝓷𝓽 𝓲𝓷𝓼𝓽𝓪𝓵𝓵é𝓮. 𝓖𝓮𝓷𝓽𝓵𝓮𝓶𝓪𝓷 à 𝓼𝓮𝓼 𝓱𝓮𝓾𝓻𝓮𝓼, 𝓲𝓵 𝓵𝓾𝓲 𝓪𝓿𝓪𝓲𝓽 𝓵𝓪𝓲𝓼𝓼é 𝓵𝓪 𝓶𝓮𝓲𝓵𝓵𝓮𝓾𝓻𝓮 𝓹𝓵𝓪𝓬𝓮.(…) 𝓛𝓮 𝓻𝓮𝓰𝓪𝓻𝓭 𝓿𝓲𝓭𝓮 𝓮𝓽 𝓵𝓪 𝓹𝓮𝓪𝓾 𝓫𝓵𝓪𝓷𝓬𝓱𝓮 𝓬𝓸𝓶𝓶𝓮 𝓵’𝓸𝓼, 𝓵𝓪 𝓫𝓻𝓾𝓷𝓮 𝓷𝓮 𝓻𝓮𝓶𝓾𝓪 𝓹𝓪𝓼 𝓾𝓷 𝓬𝓲𝓵. 𝓒𝓮𝓵𝓪 𝓯𝓪𝓲𝓼𝓪𝓲𝓽 𝓹𝓻𝓮𝓼𝓺𝓾𝓮 𝓽𝓻𝓸𝓲𝓼 𝓱𝓮𝓾𝓻𝓮𝓼 𝓺𝓾’𝓮𝓵𝓵𝓮 𝓼𝓮 𝓽𝓻𝓸𝓾𝓿𝓪𝓲𝓽 𝓭𝓪𝓷𝓼 𝓵𝓮 𝓶ê𝓶𝓮 é𝓽𝓪𝓽 𝓺𝓾𝓮 𝓵𝓪 𝓻𝓾𝓮. 𝓜𝓸𝓻𝓽𝓮.

Flic à la Crim dans les années 90, Mélanie doit se battre, en tant que femme, en tant que nouvelle, dans un monde brut et masculin. Au caractère bien trempé, aux démons intérieurs, elle mettra tout son cœur à protéger sa seule famille…

Un thriller qui rappelle l’histoire vraie d’une ville, d’un pays qui aura longtemps défrayé la chronique. Touchée par ce roman, habitant la même région, c’est avec beaucoup de dextérité que Jack Jakoli nous compte un passé où les forces de l’ordre ne s’entendaient pas, où la femme devait trouver sa place dans une société masculine et où toute une région a été chamboulée par un seul homme. Mais aussi la difficulté de ces hommes et ces femmes devant l’horreur… Un thriller addictif, un énorme coup de cœur.

Maud Berrier


Damien Galland, nominé 2024

Petite présentation pour nos lecteurs : qui êtes-vous ?
Né en 1978, originaire de l’est de la France, je suis passionné par les arts, plus particulièrement par la musique, le cinéma et la littérature moderne. Dynamique, je suis un travailleur insatiable, avide de nouveau projets.

Comment en êtes-vous venu à l’écriture ?
J’ai eu envie de coucher sur le papier une histoire qui me tenait à cœur. Le fait déclencheur de mon premier roman était le questionnement autour de la douleur ressentie lorsque vous perdez vos proches. J’ai mis le roman en édition libre puis un ami m’a parlé de l’autoédition, dans laquelle j’ai plongé quelques mois après.

Vous souvenez-vous encore de vos premiers textes ? Que sont-ils devenus ?
Oui, il s’agit de poèmes, très éloignés de mes romans actuels. Je possède encore le carnet dans lequel je les ai notés, mais je ne les ai jamais publiés.

Comment écrivez-vous ? Est-ce une profession pour vous ? Quelles sont vos autres passions ?
J’écris directement avec un ordinateur après avoir gribouillé quelques lignes sur une feuille de papier. Ce n’est pas une profession, je travaille dans l’industrie, domaine à l’antipode de la littérature. Mes autres passions sont la guitare, le sport (course à pied et VTT), ma famille et mes amis.

Pourquoi l’écriture ? Quel est, selon vous, le rôle de l’auteur dans notre société ?
L’écriture est un formidable vecteur d’émotions couplé à celui de l’information. J’aborde dans chacun de mes romans un thème qui me tient à cœur, mais je cherche surtout à faire réfléchir le lecteur. Les auteurs ont, selon moi, plusieurs rôles dans notre société. D’une part de donner du plaisir au lecteur, d’autre part de faire prendre conscience à la société de risques potentiels ou encore avérés, car chaque roman se base sur des faits réels (esclavage, environnement, déviances psychiques, …).

Quel est votre auteur de thrillers préféré ?
J’en ai plusieurs, et quelques uns encore à découvrir. En tête Franck Thilliez pour l’originalité de ses scénarios. Quel est votre roman « thrilleresque » préféré ? Choix difficile car il y a pour moi plusieurs catégories dans le thriller, American psycho de Bret Ellis, Le silence des agneaux de Thomas Harris

Quel livre d’un autre auteur auriez-vous désiré avoir écrit, soit parce que vous êtes jaloux de ne pas avoir eu l’idée le premier, soit parce que vous auriez traité l’idée d’une autre manière ?
Je ne dirais pas forcément que je suis jaloux de ne pas avoir eu l’idée en premier, car un roman est tel une partition de musique, c’est le style de l’auteur qui donne le rythme, donc je dirais que j’ai une immense admiration pour les auteurs renommés.

Quel est votre principal trait de caractère ?
La curiosité.

Quel est le don que vous regrettez de ne pas avoir ?
L’oreille musicale.

Quel est votre rêve de bonheur ?
Vivre au Canada dans une baraque en rondin, perdu dans la Nature, accompagné.

Qui sont vos héros dans la vie réelle ?
Les gens résilients et à l’écoute, mes parents.

Le roman Oxygène nous plonge dans un éco thriller. Pourquoi avoir choisi ce thème ?
Car nous avons perdu trop de temps. Je travaille dans l’industrie et je ne vois pas de changement significatif, seulement que l’argument écologique et mis en avant, mais ce n’est que du greenwashing. Je sais que l’équation est complexe, c’est pour cette raison que j’ai imaginé un scénario violent. Les médias relayent des informations de plus en plus inquiétantes et les états ne prennent pas de décision.

Dans votre livre, vous soulevez des problèmes inhérents à notre société. Pensez-vous que l’humanité est prête à trouver des solutions ?
Des solutions existent, techniques ainsi que structurelles (prélèvements sur les revenus des plus grosses sociétés pour alimenter un fond écologique). La crise du COVID a une fois de plus mis en avant le fait que lorsque l’humanité se serre les coudes et travaille sur le même objectif, des résultats rapides sont atteints. Pour moi des solutions concrètes existent déjà et doivent être rapidement mises en place, j’en cite quelques unes dans mon roman.

Vous proposez des solutions assez extrêmes dans votre roman. Pensez-vous que cela est le seul moyen de sauver notre planète ?
La seule difficulté est qu’aujourd’hui les industriels dirigent le monde, ce sont eux qui créent de la valeur. Nous sommes dans un modèle économique de surconsommation depuis plus de vingt années, la population augmente, et notre planète ne peut malheureusement pas lutter contre nos excédents de pollution. L’espace est une poubelle, le film Gravity le représente parfaitement. C’est triste à dire mais les guerres (qui sont des horreurs) ou encore les pandémies ont régulé la population mondiale. Je pense que la sauvegarde de notre planète passera par la régulation de la population ainsi que par l’application de décisions mondiales afin que tous les états respectent les règles fixées. Une phase de transition est indispensable pour ne pas casser le modèle économique actuel et ne pas mettre la moitié de la population au chômage.

Un petit mot pour vos lecteurs ?
J’espère que vous prendrez du plaisir et que vous ne ressortirez pas indemne de votre lecture (en terme de réflexion) !

Pour finir, une question classique : vos projets ?
J’ai commencé à travailler sur un roman dont le thème principal est la pauvreté qui augmente drastiquement, sans oublier les inégalités croissantes dans notre société.

Merci !

Damien Galland : Oxygène, auto-édition

Bousbach. Lorraine. 2022. Paul et son fils, Thomas, vivent tranquillement dans un petit village de France. L’un est un économiste renommé mondialement, l’autre est étudiant et sujet à des crises d’angoisse. Paul, professeur, propose à ses élèves un sujet d’étude : comment allier l’économie à l’écologie? Alors qu’il choisit un chemin plus pacifiste, une organisation dans l’ombre met en marche son plan pour sauver la planète : un gaz est lâché dans le petit village de Bousbach, décimant la moitié de sa population…

𝓛’𝓱𝓸𝓶𝓶𝓮 𝓪 𝓾𝓷𝓮 𝓯𝓪𝓬𝓱𝓮𝓾𝓼𝓮 𝓽𝓮𝓷𝓭𝓪𝓷𝓬𝓮 𝓪 𝓸𝓾𝓫𝓵𝓲𝓮𝓻 𝓼𝓸𝓷 𝓹𝓪𝓼𝓼𝓮 𝓮𝓽 𝓪 𝓼𝓮 𝓬𝓸𝓷𝓬𝓮𝓷𝓽𝓻𝓮𝓻 𝓼𝓾𝓻 𝓼𝓸𝓷 𝓫𝓸𝓷𝓱𝓮𝓾𝓻, 𝓫𝓻𝓪𝓷𝓭𝓲𝓼𝓼𝓪𝓷𝓽 𝓼𝓸𝓷 𝓮𝓰𝓸𝓲𝓼𝓶𝓮 𝓮𝓷 𝓰𝓾𝓲𝓼𝓮 𝓭𝓮 𝓫𝓸𝓾𝓬𝓵𝓲𝓮𝓻 𝓪𝓯𝓲𝓷 𝓭𝓮 𝓬𝓸𝓷𝓽𝓻𝓮𝓻 𝓵𝓮 𝓷𝓮𝓰𝓪𝓽𝓲𝓿𝓲𝓼𝓶𝓮, 𝓰𝓪𝓻𝓪𝓷𝓽𝓲𝓼𝓼𝓪𝓷𝓽 𝓵𝓪 𝓼𝓪𝓾𝓿𝓮𝓰𝓪𝓻𝓭𝓮 𝓭𝓮 𝓼𝓸𝓷 𝓪𝓶𝓮 𝓮𝓽 𝓭𝓮 𝓼𝓮𝓼 𝓹𝓻𝓸𝓬𝓱𝓮𝓼…

Quelle(s) solution(s) a-t-on encore pour sauver notre planète? Quels moyens l’Homme peut-il encore mettre en place pour que la nature revive et nous fasse vivre? Et si la solution était de diminuer le nombre des habitants de la Terre? Mondial au Qatar, extraction du lithium pour les batteries électriques, pollution de nos mers,… Tant de choses sont construites par l’être humain, être le plus puissant sans se soucier de la Terre. Dans cet éco-thriller implacable, Damien Galland nous parle, nous fait nous questionner tout en brandissant l’épée de Damoclès qui est prête à tomber… Une lecture qui laisse des traces…

Maud Berrier